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Des Données Et des Territoires : la newsletter consacrée à l’impact du numérique et des données sur le développement des territoires – retrouvez l’essentiel de l’actualité à retenir compilée et mise en perspective par nos consultants, chaque semaine, en moins de 10 minutes.

Dans cette interview, Julien Hautemaniere, consultant au sein d’Infhotep et créateur de cette newsletter #DDET revient sur la genèse de ce média au succès grandissant et sur les enjeux et impacts du numérique sur les territoires.

Peux-tu revenir sur la genèse de ce projet : pourquoi as-tu eu l’idée de créer cette newsletter ?

J’ai eu l’idée, en janvier dernier, de créer une newsletter qui apporterait, chaque semaine, une synthèse, en moins de 10 minutes, de l’information sur le numérique et les données dans les territoires. Cette newsletter est destinée principalement à des personnes qui n’ont pas le temps de faire de la veille mais qui souhaitent néanmoins se tenir informées de l’actualité rapidement directement depuis leur boîte mail.

Ce format n’existait pas. Ainsi, par exemple, la Gazette des Communes, média de référence et de qualité, propose de cliquer sur des liens pour aller voir l’information mais elle ne la synthétise pas. D’autres newsletters parlent, quant à elles, d’un seul sujet de façon approfondie.

Il n’existait aucun média qui synthétise l’actualité du numérique et des données pour les collectivités, les administrations et plus largement les territoires. C’est là toute la valeur ajoutée de cette newsletter.

Le titre n’a pas été choisi au hasard : géographe de formation, le terme « territoire » a un sens particulier pour moi. Ce terme désigne un espace où vivent les hommes ; un territoire regroupe à la fois un espace géographique et une société. Les thématiques abordées sont, de ce fait, orientées sur les enjeux du secteur public mais aussi sur les entreprises, les associations ou les citoyens, avec tous les enjeux de gestion des données personnelles que cela implique.

DDET est consacrée à l’impact du numérique et des données sur le développement des territoires. Justement, quel est cet impact ?

J’ai démarré ma carrière en tant que chargé de mission, dans une communauté de communes de 10 000 habitants. Je m’occupais de divers sujets liés au développement économique, aux transports, à la bioénergie, au tourisme… A chaque fois, je me suis rendu compte que le numérique, s’il était bien utilisé et s’il respectait certains principes (mutualisation, interopérabilité…), pouvait apporter beaucoup en termes d’efficacité, de fonctionnement de la collectivité, de service rendu aux citoyens, et ce, même avec des moyens limités. Encore faut-il toutefois qu’au sein des collectivités, des experts sachent gérer des projets numériques, ce qui n’est pas toujours le cas.

Cependant, bien qu’efficace, le numérique a indéniablement un impact environnemental : bien que virtuel, il a des effets réels comme l’émission de gaz à effet de serre, la consommation de matières premières … Le principal défi est donc de le rendre durable.

Pour être durable, le numérique doit également être un outil au service de la collectivité et des citoyens et ne doit en aucun cas remplacer complètement l’humain. Il faut toujours garder à l’esprit que certaines personnes n’ont pas accès aux outils numériques ou ne savent pas les utiliser pour leurs démarches administratives. Ainsi, pour chaque service numérique, les services publics doivent assurer une complémentarité en conservant un interlocuteur humain par la présence d’un guichet d’accueil ou d’une assistance téléphonique. Il est donc important que toutes les situations de la vie réelle soient adaptées au numérique en établissant des services de médiation et d’accompagnement des personnes en difficulté (accès à tous au numérique, situations de handicap, illectronisme…).

Enfin, le modèle de gratuité couplé à l’illusion de l’infini, sur lequel s’est construit le numérique mérite d’être questionné. Il est temps de prendre en compte les contreparties que cela implique (utilisation des données personnelles, poids économique des Gafam impliquant des monopoles, impact écologique…), de se demander si ces modèles sont pérennes (ce que je ne crois pas), et de trouver des voies alternatives.

Quels sont les grands enjeux à venir pour les données et les territoires ?

Le premier enjeu est pour moi cette question de durabilité et d’impact environnemental et sociétal dont nous venons de parler.

Par ailleurs, les collectivités externalisent de plus en plus de sujets liés au numérique, par exemple en termes d’hébergement. Cela permet de mutualiser, de profiter des dernières technologies, mais cela pose aussi la question de la maîtrise des données. Cette question est particulièrement cruciale dans les administrations puisque les données qu’elles produisent sont des données publiques, qui sont des documents administratifs, et doivent donc être considérées comme telles avec toutes les conséquences que cela implique (transparence / open data, souveraineté, etc.).
Une attention particulière doit donc être portée sur le prestataire auquel elles font appel et sur le fait que les collectivités restent bien maîtres de leurs données (accès quand elles le souhaitent et notamment en fin de contrat, dans un format non propriétaire). C’est une question de souveraineté.

La question de l’interopérabilité constitue également un enjeu crucial pour pouvoir communiquer les données rapidement et de façon fiable. Or, à ce jour, ce point est en général problématique car les données se trouvent réparties dans de multiples logiciels métiers qui ne sont en général pas interopérables, à l’intérieur d’une collectivité mais également entre administrations. Ce sujet doit devenir majeur pour l’avenir dans un souci d’efficacité. L’objectif, à terme, est de parvenir au « DLNUF » (dites-le nous une fois). Le principe ? Une fois qu’une administration a demandé un document ou des informations à un usager, elle s’organise pour faire circuler l’information. Le citoyen, ou l’entreprise, n’a plus à fournir cette même information de multiples fois, comme c’est malheureusement encore trop souvent le cas.

Enfin, un dernier enjeu pourrait porter sur l’identité numérique c’est-à-dire sur le fait de pouvoir s’identifier en ligne de façon sécurisée. Si ce concept connaît ses prémices, il doit encore évoluer pour être correctement et pleinement utilisé par les collectivités et administrations.

Nous remercions Julien de nous avoir accordé cette interview. N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter hebdomadaire #DDET ou à vous abonner à la page Linkedin d’Infhotep.

Julien Hautemaniere

Julien Hautemaniere

Consultant en stratégie numérique